Définitions ?

Nous avons tenté de définir de manière simple et précise l’action communautaire et nous avons échoué. Pour cause, l’action communautaire n’existe pas à proprement parler en France, c’est un concept, une vision du travail social essentiellement nord-américain et anglophone. Et pourtant…il nous semble que tout un ensemble d’actions, de projets, d’initiatives françaises peuvent rentrer dans le champs de l’action communautaire telle qu’est est définit outre-atlantique .

Voici quelques exemples de définitions:

1) Dossier Esprit critique “ La communauté n’est pas le communautarisme”, coordonné par Ivan Sainsaulieu et Monika Salzbrunn, « Québec : une société communautaire ? », par Jacques Rhéaume, Université du Québec à Montréal.

L’action communautaire recouvre un ensemble de pratiques sociales allant de l’organisation de collectivités locales à l’économie sociale et solidaire. Une clarification des notions autour du mot « communautaire » en contexte nord-américain s’impose, montrant comment l’action communautaire s’inscrit dans un mouvement social important de la société civile visant la promotion de la qualité de vie et de la défense des droits des citoyens.

Les actions de ce type se déclinent sous diverses formes : animation sociale, développement communautaire, action sociale, action populaire ou encore intervention sociale.

L’usage du terme communautaire au Québec, sur une base comparative, correspondrait en France à celui d’associatif.

Ce mode de fonctionnement se veut démocratique (assemblée générale constitutive, conseil d’administration, mode de direction participatif), il vise principalement l’intérêt général et revendique une autonomie décisionnelle et un financement non-orienté vers le profit.

On peut notamment distinguer 3 formes d’organismes ( ou d’associations) selon les domaines d’actions :

    • Services (dépannage alimentaire, services à domicile, transport, information et consultation)
    • Entraide (soutien mutuel pour les membres eux-mêmes)
    • Défense de droits (d’une partie de la population connaissant des situations de discriminations, d’exclusion ou de pauvreté)

L’action communautaire existe sous une autre forme juridique, celle de la coopérative, pratique qu’on observe dans l’économie sociale:

    • Elle sert les membres de la communauté
    • Autonomie de gestion par rapport à l’Etat
    • Processus de décision interne démocratique impliquant les usagers
    • Défend la primauté des personnes et du travail sur le capital
    • Activité fondée sur le principe de participation

2) La pratique de l’action communautaire, Henri Lamoureux, Jocelyne Lavoie, Robert Mayer, Jean Panet-Raymond, Éditions Presse de l’université du Québec, 2è édition actualisée, 2008.

« L’action communautaire désigne toute initiative, issue de personnes, de groupes communautaires, d’une communauté (géographique locale, régionale, nationale ; d’intérêts ; d’identités) visant à apporter une solution collective et solidaire à un problème social ou à un besoin commun. L’action communautaire s’actualise sur des pratiques multiples et diversifiées (création de ressources et de services, transformations sociales, éducation populaire, etc.) qui poursuivent des objectifs de justice sociale, de solidarité, de démocratie, de répartition plus juste des richesses, d’égalité entre les hommes et les femmes ainsi qu’entre les peuples. Ces actions sont menées avec un souci d’éducation et de fonctionnement démocratique afin de favoriser l’autonomie des personnes et des communautés (empowerment). »

3) Dictionnaire critique d’action sociale, sous la direction de Jean-Yves Barreyre, Brigitte Bouquet, André Chantreau, Pierre Lassus, Éditions Bayar, collection Travail social, 1995.

L’action communautaire est une méthode d’intervention sociale visant la mobilisation et la participation des citoyens, afin de promouvoir l’autonomie et le développement de la communauté. L’action communautaire recouvre deux modèles différents: l’organisation communautaire et le développement communautaire.

4) Action communautaire, une introduction, Jean-François Salberg et Suzanne Welsh-Bonnard, définition du développement communautaire selon l’Organisation des Nations Unies, 1956.

a- L’expression développement communautaire est entrée dans la langue internationale pour désigner l’ensemble des procédés par lesquels les habitants d’un pays unissent leurs efforts à ceux des pouvoirs publics en vue d’améliorer la situation économique, sociale et culturelle des collectivités, d’associer ces collectivités à la vie de la nation et de leur permettre de contribuer sans réserve aux progrès du pays.


b- Ces procédés supposent tous deux éléments essentiels: les habitants participent activement aux efforts entrepris en vue d’améliorer leur niveau de vie et ces efforts sont laissés, dans toute la mesure du possible, à leur propre initiative; des services techniques et autres sont fournis en vue de favoriser et de rendre plus efficace l’initiative, les efforts personnels et l’aide mutuelle. C’est de ces éléments que participent les programmes dont la mise en oeuvre doit permettre d’effectuer toute une série d’améliorations déterminées.

c- Ces programmes concernent généralement des collectivités locales, étant donné que les gens qui vivent ensemble dans une même localité ont de nombreux intérêts communs. Certains de ces intérêts sont mis en relief par l’intermédiaire de groupes techniques qui ont pour tâche de défendre des intérêts plus restreints qui ne sont pas essentiellement liés à la localité.

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